dimanche 20 décembre 2020

La Malédiction de la Déesse (29)


*** Olivia ***


Les informations de Themis n’avaient pas mené Olivia bien loin. Elle connaissait Socrate mais de nom et elle en savait trop peu pour en tirer des conclusions. Quant au psychopompe, elle ignorait jusqu’au sens du mot. Athena n’avait rien voulu lui dire sur le trajet de retour jusqu’à la voiture. Olivia supposait qu’elle boudait. En arrivant près de la place de parking, Olivia regarda son téléphone, par réflexe. Elle venait de recevoir un texto inquiétant :”Regarde les infos, on parle de toi.” Le message venait d’un de ses amis informaticiens, quelqu’un de sérieux et fiable.

Avant d’entrer dans la voiture, elle tapa son nom dans la barre de recherche de son navigateur. Elle apparaissait dans “actualités”. Mauvaise nouvelle en général, à moins d’avoir décroché un prix nobel et a priori, ce ne serait pas son cas. L’article mentionnait sa carrière et ses récents déboires avec la société Intelstar. Dans les commentaires, on l’accusait d’être à la source d’un certain nombre de dérives d’internet, en particulier ces derniers jours. Quelques commentateurs la remerciaient d’avoir mis au jour des dossiers susceptibles de se retrouver au tribunal, mais ceux-ci étaient rares. Un autre lien indiquait que suite à ces fuites, une enquête des services de renseignement étaient en cours.

“Oh merde, j’ai les services secrets au cul!”


Athena attendait au volant que sa passagère monte dans la voiture et lui permette enfin de partir. Quand Olivia rentra dans l’habitacle de la petite berline, elle lui expliqua la situation. “Des services secrets? Rien que ça.” Demanda la déesse.

“Ce n’est peut être qu’une rumeur, mais là, ça commence à sentir mauvais.

_ Vous voulez quitter le pays?

_ Non, je préfèrerai aider à régler le problème. D’autant plus que tout est parti de cette malédiction. Et je suis pas du genre à m’enfuir quand les choses tournent mal.

_ Que vous a dit Themis à ce sujet?

_ Elle a parlé de choses que je n’ai pas saisies. Je dois me souvenir de Socrate. Mais ça ne m’évoque pas grand chose. Un truc avec de la cigüe? C’est ça?

_ je ne pense pas. Mais son raisonnement sur Socrate est certainement juste.” Athena démarra enfin le véhicule et prit la route du nord de Paris, vers son appartement “Je vous emmène chez moi. On pourra discuter plus tranquillement, surtout si les services secrets vous attendent chez vous.”


Elles mirent dix minutes à arriver chez la déesse. Pendant le trajet, elles parlèrent rapidement de Socrate, de sa vie et de son oeuvre, qu’il n’a pas écrite, mais qu’il laissa rédiger à Platon.

En sortant du véhicule, Athena résuma la pensée du philosophe : ”Connais toi toi-même. Ca rendait mieux en grec ancien.

_ Et ça signifie quoi dans le cas présent?

_ Comme pour tous les humains, vous êtes souvent votre pire ennemi. Et en vous analysant bien, vous trouverez votre plus grand frayeur.

_ C’est très philosophique en effet”. Athena ferma la voiture à clé et elles prirent la direction de sa petite maison dans les hauteurs de belleville.


Ensemble, elles montèrent une petite rue en pente trop étroite pour qu’une voiture puisse y passer. On n’y trouvait que des petites maisons individuelles à un étage, dissimulées par des arbres plantés par les habitants. Athena s’arrêta devant la troisième maison à gauche et ouvrit le portail. La petite maison blanche aux volets violets surprenait un peu la parisienne habituée aux buildings et aux tours moches des années soixante dix.

Athena avait aménagé simplement l’intérieur en copiant les pages d’un catalogue Ikea. Olivia s’installa sur un des fauteuils “STRÖMDU” gris confortables et attendit Athena qui rangeait sa veste et ses chaussures dans un dressing de la chambre à l’étage.


“On peut reprendre sur mon problème de malédiction? Demanda Olivia quand la déesse redescendait les dernières marches.

_ Je vous écoute, dit Athena.

_ C’est quoi un psychopompe?

_ La question n’est pas tout à fait juste. Il faudrait demander “Qui est le psychopompe?”

_ Je ne comprends pas.

_ Psychopompe, ça veut dire :”qui transporte les âmes des défunts”. Autrement dit, vous devez chercher celui qui accompagne les âmes, c’est à dire Charon ou Hermes. Personnellement, j’espère que vous devez trouver Charon. Parce qu’obtenir l’aide de l’autre tocard ne va pas être évident. Surtout s’il me voit avec vous.”

Athena se leva pendant qu’Olivia réfléchissait. Elle s’approcha d’un aquarium et en ouvrit le couvercle, puis versa pour les petits poissons multicolores qui s’y trouvaient quelques pincées d’une poudre curieuse contenues dans une boîte jaune et rouge.


“Athena, demanda Olivia. Je peux vous poser une question sans vous fâcher?

_ Essayez toujours, répondit la déesse, avec un sourcil levé.

_ C’est quoi le problème avec Hermes?”

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