samedi 19 décembre 2020

La Malédiction de la Déesse (17)

*** Athena ***


“Pour faire simple, les dieux existent bel et bien. Comme je vous le disais, je suis Athena, mais peut être me connaissez-vous mieux sous le nom de Minerve.

_ Non. Athena, ça me va. Ne vous inquiétez pas.

_ Quand nous avons quitté la Grèce pour nous réfugier ici, nous avons abandonné nos noms antiques et nous avons fini par nous fondre dans la masse des mortels. Actuellement, je vis sous l’identité de Catherine Costa. Et si on me demande, je suis prof de maths dans un collège.

_ Mais vous ne faites pas de maths?

_ Pas vraiment. Comme tous les dieux, je suis immortelle et je n’ai pas besoin de manger, boire ou dormir. Du moins, pas comme vous l’entendez, mais ce serait trop long à expliquer. Ce qui est important pour vous, c’est de savoir que même si nous avons changé d’identité et de tête, nous sommes restés globalement les mêmes. Apollon est toujours beau gosse et prétentieux, Dyonisos picole et votre père se tape tout ce qui bouge. Même si je dois reconnaître qu’il fait des efforts.

_ Mon père? Zeus?

_ C’est bien lui. Sauf que je ne sais pas si vous connaissez sa femme. La troisième.

_ Artemis? - Olivia n’était pas douée en mythologie.

_ Non, Artemis, c’est une de ses filles, comme moi. Sa troisième femme est Hera. Vous la connaissez sûrement. Et Hera a la particularité d’être jalouse. Très jalouse. Même s’ils sont séparés depuis longtemps en fait. Dans l’antiquité, quand Zeus avait des enfants illégitimes, c’est à dire toutes les dix minutes, Hera maudissait l’amant, la maîtresse ou les enfants.

_ Pourquoi ne s’en prenait-elle pas à Zeus directement?

_ Pour faire simple, ces histoires datent un peu, les mentalités ont évolué depuis 2500 ans. Bref. Quand Hera a entendu parler de vous, il y a quelques jours, elle a fait comme d’habitude, elle vous a lancé une malédiction.

_ Comment? Olivia rugit plus ou moins de colère.

_ Oui, mais elle s’est sentie mal tout de suite. Elle m’a donc chargée de vous retrouver et de vous aider à vaincre la malédiction.

_ Ca sent mauvais votre histoire.

_ Ne vous inquiétez pas. J’ai déjà aidé Herakles ou Achille dans des situations difficiles. On devrait s’en sortir.


*** Hermes ***


Le présentateur du journal évoquait le sujet en fin de journal. Hermes ne souriait pas du tout en l’écoutant parler. Depuis trois jours, des centaines de sociétés dans le monde avaient été touchées par ce qu’on appellait aujourd’hui le “Virus Harpocrate”. Au départ, une seule société, Intelstar avait été affectée et contrainte à fermer à cause de révélations importantes sur ses activités illicites que le virus avait envoyées directement sur internet.

Aujourd’hui, des centaines de sociétés voyaient leurs secrets révélés. Il pouvait s’agir, comme pour Intelstar, de secrets sur des activités illégales, mais pour d’autres, il s’agissait de secrets commerciaux, de brevets ou d’idées d’inventions nouvelles qui étaient mises en ligne sans aucune protection juridique. Le présentateur appellait les utilisateurs d’internet - à savoir la quasi totalité de la population - à la plus grande prudence.


Quand Hermes comprit ce qui s’était produit, il se dit qu’il fallait absolument qu’il fasse quelque chose. Ce logiciel lui rappellait l’épisode de la boîte de Pandore et sa mauvaise idée d’offrir un artefact dangereux à quelqu’un d’aussi curieux. A l’époque, en quelques heures, l’humanité avait été accablée par différents maux à cause d’une simple erreur. Hermes s’était souvent demandé s’il n’aurait pas dû donner cet objet à quelqu’un d’autre, pour voir si ça aurait changé quelque chose.

Il songeait aussi parfois à cette malheureuse histoire qui avait forcé les dieux à quitter la Grèce. Il n’avait toujours pas compris pourquoi tous les autres lui en voulaient encore après tout ce temps. Après tout, ils n’avaient besoin de rien pour vivre et on était aussi bien à Paris qu’au fin fond des montagnes. On y était même mieux si l’on cherchait la compagnie des humains.

Sa récente discussion avec Athena ne l’avait pas rassuré. Sa soeur avait été glaciale et désagréable alors qu’avec le temps, leurs relations auraient pu s’adoucir. D’autant que c’était la plus raisonnable des dieux. Du moins, d’après ce qu’il avait compris des récits d’Homère.

Dans le fond, seuls Pan et Dyonisos étaient restés proches de lui. Apollon avait voulu rester neutre. Mais tout a changé le jour où sa jumelle - Artemis - avait tenté de massacrer Hermes. Appolon l’en avait empêchée mais par la suite, il avait toujours soutenu la déesse et ne parlait plus à son frère, lui non plus.


Dans la situation qui préoccupait actuellement Hermes, l’aide de Dyonisos ou de Pan ne serait pas utile. Ils étaient bourrés en permanence et absolument incapables de s’intéresser aux affaires humaines. A dire vrai, ils étaient incapables de s’intéresser aux affaires divines aussi. A moins que ces affaires ne concernent un alcool quelconque.

Les connaissances d’Hermes en informatique étaient correctes et lui permettraient peut être de trouver une solution au problème Harpocrate. Depuis les débuts de cette technologie, il avait pris des cours et s’était intéressé aux détails techniques. Il avait plusieurs identités en ligne et sur plusieurs forums du darknet, il était considéré comme un hacker de bon niveau. Il se rendit dans son bureau et connecta son ordinateur à internet.

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